Angoisse de la séparation chez le jeune enfant

Angoisse de la séparation - Comment faire face

L’angoisse de la séparation chez l’enfant

L’angoisse de la séparation chez le jeune enfant quand vous lui dites au revoir et vous absentez pour quelques minutes, quelques heures ou la journée pour le travail par exemple, est normale et même saine dans le développement naturel de l’enfant. C’est une étape de développement nécessaire. Cependant quand l’angoisse de la séparation devient un frein à la pratique d’activités sans le parent ou au bon épanouissement de l’enfant à l’école par exemple, l’enfant peut souffrir de troubles de l’angoisse de la séparation. Une prise en charge par un professionnel peut alors devenir nécessaire et urgent mais avant cela il y a plusieurs astuces qu’un parent peut mettre en pratique pour aider l’enfant à dépasser ces angoisses.

A partir de quel âge et jusqu’à quel âge un enfant peut angoisser de la séparation ?

L’angoisse de la séparation survient en général avant le premier anniversaire de l’enfant et peut se ressentir jusqu’à l’âge de 4 ans par moment de plus en plus espacés. Mais à la fois l’intensité de cette angoisse et la fréquence varient d’un enfant à l’autre. Une petite inquiétude de voir papa ou maman s’éloigner pour quelques minutes, quelques heures ou plus est tout à fait normale, même si votre enfant a plus de 4 ans.

Comment aider l’enfant à supporter cette angoisse ?

1- Soyez patient, compréhensif tout en fixant des limites claires à ce que l’enfant peut attendre de vous en terme de présence, disponibilité.

2- Tenter des expériences pour l’habituer progressivement à la séparation et accepter et gérer ses angoisses. Commencez avec une situation qui lui cause l’angoisse la plus faible, comme par exemple vous cacher quelques instants. Répétez la situation pour qu’il s’y habitue. Ensuite passez à la situation qui lui cause une angoisse un peu plus importante .. et ce, progressivement en prenant le temps à chaque étape de vous assurer qu’il fait du progrès dans la gestion de ses angoisses.

3- Vous pouvez utiliser les récompenses pour féliciter ses efforts. Et là, on entend une récompense du type : une histoire de plus le soir, une ballade au parc ou encore un gros câlin avec maman. Adapter la récompense au niveau de difficulté que l’enfant a su gérer.

4- Prévenez votre enfant même les plus jeunes bébés, que vous partez et indiquez quand vous prévoyez de revenir. Ne partez jamais en douce en pensant qu’il ne se rendra compte de rien.. Quand l’enfant réalisera que vous n’êtes plus là, ce sera dramatique et surtout à la prochaine séparation cela sera amplifié.

5- Les « au revoir » doivent être brefs, ne vous attardez pas, donnez l’information, un bisou et c’est tout.

6- Pour faciliter le départ assurez-vous que votre enfant soit lancé sur une activité, un jeu, une occupation qu’il aime particulièrement.

7- Si cela se passe dans un nouvel environnement, à l’école maternelle, chez la nounou, chez des amis ; passez un peu de temps dans cet environnement avant de partir la première fois afin que l’enfant classe cet environnement parmi les environnements « surs », « validés par maman ou papa ». Les statistiques prouvent que 90% des enfants âgés de 10 mois sont angoissés si un étranger les approche dans un environnement nouveau. Alors que seulement 50 % de ceux-ci développent une angoisse si on les a laissés au préalable 10 minutes dans cette environnement nouveau avant que l’étranger entre dans la pièce.

8- Au début dans un nouvel environnement autorisez l’enfant a garder avec lui son doudou ou son jouet favori si cela peut le rassurer et progressivement vous pourrez inviter l’enfant à laisser l’objet à la maison.

9- Les enfants sont de vraies éponges. Montrez que vous vous sentez bien, heureux ; votre angoisse pourrait déteindre sur votre enfant.

10- Même si vous vous sentez frustrée face à ce problème, évitez de critiquer ou d’être négative à propos des difficultés de votre enfant face à la séparation. Par exemple ne dites pas « Quel bébé à sa maman ! » ou encore « Ne sois pas un bébé »

11- Il existe des livres pour enfant intéressants pour exprimer l’angoisse de la séparation et surtout voir qu’ils ne sont pas les seuls à avoir des difficultés à surmonter cela. N’hésitez pas à en acquérir et à le parcourir à l’occasion de l’histoire du soir.

12- Complimentez votre enfant pour renforcer sa confiance en soi et son estime de soi, sentiments essentiels dans la bonne construction de votre enfant.

Si votre enfant rencontre des difficultés malgré tous ces efforts et astuces, et parce que vous connaissez mieux votre enfant que quiconque, n’hésitez pas à consulter un professionnel par l’intermédiaire de l’école, directement auprès d’un professionnel de santé ou avec l’aide de la PMI.

Comment identifier que votre enfant souffre d’un trouble sévère de l’angoisse de la séparation ?

C’est après l’entrée en petite section de maternelle, si l’angoisse de la séparation est aussi fréquente et intense après plusieurs mois et si vous constatez les phénomènes ou situations suivantes, qu’il est peut-être temps de consulter pour voir où en est votre enfant avec la gestion de l’angoisse de la séparation :

– si l’angoisse interfère dans la vie de l’enfant ou celle de ses parents,
– si l’enfant refuse d’être séparé de sa maman ou son papa
– si l’enfant a peur qu’il vous arrive ou qu’il lui arrive quelque chose de grave (accident, blessure, maladie grave)
– si l’enfant refuse d’aller à l’école ou à la garderie
– si l’enfant refuse de dormir dans une autre maison sans vous (chez des amis, ses grand-parents)
– si l’enfant dit être malade à chaque fois que vous êtes séparés.

Avec l’aide adéquate, il saura surmonter et gérer ses angoisses pour son bien-être et le vôtre.

Share Button

2 comments

  1. Elodie C. says:

    Pas facile pour le bébé de se séparer de ses parents, mais pour les parents pas facile de se séparer de leur bébé !!! On s’apprête a rencontrer une assistante maternelle et pas facile de se dire que c’est chez elle que prochainement notre bébé passera beaucoup de temps !!! Pas facile de se dire que très prochainement on ne passera plus tout notre temps avec lui … Mais bon c’est la vie. C’est aussi pour son bien =) Merci et bravo pour cet article.

    • Rachel Chevalier de Vannoise says:

      merci. Oui clairement ici ça a été très dur pour notre grand mais aussi très dur pour moi 😉 j’avoue … mais quelle joie de se retrouver. Depuis l’école c’est aussi un vrai plaisir de voir chaque jour qu’il a appris quelque chose de nouveau.. c’est magnifique de le voir grandir et l’autonomie est essentielle pour ça. Quand c’est possible, prendre le temps de discuter au début avec l’assistante maternelle, ça rassure, en général elles comprennent tout à fait cela et communique au maximum sur tout ce que l’enfant a fait, comment il s’est senti, ça rassure.

Laisser un commentaire